Cécilia Sarkozy ou le journal d'une cruche

Le livre: Cécilia

Le livre: Cécilia - la face cachée de l'ex-Première dame

Les amateurs d'histoires de fesses seront déçus en feuilletant «Cécilia, la face cachée de l'ex-première dame». Contrairement à «Cécilia», l'un des deux autres ouvrages parus cette semaine sur l'ancienne Mme Sarkozy (lire encadré), il n'y a pas de révélations salaces sur le locataire de l'Elysée, incorrigible «sauteur». Le livre signé Denis Demonpion et Laurent Léger réussit le pari de consacrer près de 300 pages à une femme-enfant qui n'en mérite pas dix, sans être ennuyeux. Que dire de Cécilia? Elle n'a pas fait d'études, n'a jamais travaillé, change d'opinion plus souvent que de petite culotte, ne sait pas aligner trois mots. En fait, elle n'a qu'un talent très précieux: celui d'attirer des hommes riches et (ou) célèbres.

L'énumération des liaisons de Cécilia est éloquente. Dans l'ordre, l'avocat play-boy Jean-Luc Chartier, le financier Nicolas Barre, fils de Raymond Barre, le photographe de Jacques Chirac, Jean-Daniel Lorieux, l'animateur Jacques Martin (qu'elle a épousé et avec qui elle a eu ses deux filles), Nicolas Sarkozy (qui fut son deuxième mari et est le père de son fils), puis Richard Attias, organisateur de conférences internationales. Cécilia (qui se prénomme en fait Cécile) plaît aux hommes. A condition de ne pas ouvrir la bouche. «Elle adore être dans la lumière, mais elle est terrorisée. Elle n'a ni idée ni culture. Que voulez-vous qu'elle dise à ses interlocuteurs?» s'interroge Laurent Léger, coauteur du livre.

Les petits mensonges de Cécilia
Si Nicolas Sarkozy ne cesse de la magnifier devant les caméras, louant surtout sa beauté, il ne se fait guère d'illusions sur ses capacités intellectuelles. La traitant dans l'intimité de «conne» (du moins selon l'une des trois biographies), il s'oppose à ce que Cécilia figure aux élections régionales en Ile-de-France, ou accède au fauteuil de maire de Neuilly. En fait, «La face cachée» ne cache rien. L'ex-First Lady est vide. Elle ne s'intéresse à rien si ce n'est à dévaliser les boutiques de mode avec ses copines. En revanche, Bernadette Chirac avait fait l'Institut des sciences politiques de Paris, était conseiller général de Corrèze, et gérait ses oeuvres humanitaires.

Le livre fait toutefois la lumière sur les très nombreux petits mensonges de Cécilia. Son Prix de piano de la ville de Paris? On n'en retrouve pas la trace. Son passé de mannequin? En fait, elle était «portemanteau», comprenez un «mannequin boutique» qui essaie les modèles pour la clientèle fortunée. Son poste d'attachée parlementaire? Du bluff...

Coup de pouce à la scientologie
En revanche, Denis Demonpion et Laurent Léger révèlent une Cécilia adepte du gourou William Walker Atkinson, maître de la «Nouvelle Pensée», plongeant dans le spiritisme et apprenti médium. L'ex-première dame ne se contente pas de faire tourner les tables, elle aurait peut-être aussi influé pour que Nicolas Sarkozy modifie son approche des «mouvements spirituels nouveaux». Pour preuve, les Renseignements généraux (RG) reçoivent l'ordre d'assouplir leur surveillance sur les sectes, «au grand dam des associations de lutte contre les mouvements sectaires». Selon les auteurs du livre, un officier des RG, auteur d'une thèse sur l'Eglise de scientologie et ses dérives, aurait été carrément poussé à la démission. Enfin, cerise sur le gâteau, le 30 août 2004, Nicolas Sarkozy et Madame reçoivent au ministère l'acteur Tom Cruise, dont l'appartenance à la scientologie fait polémique en France.

À lire: «Cécilia - La face cachée de l'ex-première dame», Editions Pygmalion, 291 pages