Une Tchèque adepte d'une secte impliquée dans une affaire rocambolesque d'usurpation d'identité mais aussi de maltraitance d'enfant a été interpellée en Norvège et va être ramenée dans son pays natal, a annoncé mercredi la police pragoise.
Barbora Skrlova, 33 ans, qui devait selon la presse locale devenir la "déesse" d'une secte issue du "Mouvement du Graal", a été "retrouvée conjointement par la police tchèque et par la police norvégienne", a indiqué le porte-parole de la police pragoise, Jiri Vokus.
En Norvège, elle avait réussi, grâce à son physique juvénile, à endosser l'identité d'un garçon de 13 ans à la tête rasée, et fréquentait une école depuis septembre dernier sous le nom d'"Adam", selon la porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères, Zuzana Opletalova.
L'année dernière, Barbora Skrlova avait disparu de son pays natal après avoir été impliquée dans une affaire de maltraitance d'enfant à Kurim (est).
A l'époque, elle avait déjà endossé l'identité d'une adolescente de 13 ans, "Anna", supposée être la soeur d'un garçon de 8 ans, Ondrej, lui-même découvert en mai 2007 nu, pieds et poings liés, dans un réduit obscur de cette maison de Kurim.
La jeune femme, petite et mince, avait même réussi à tromper les services sociaux tchèques grâce à son visage enfantin et sa voix aigüe. "Je n'ai jamais eu de problèmes avec mes deux vies, celle d'+Anna+ et de +Barbora+", avait-elle affirmé en juin dans un bref entretien avec un journal tchèque.
La mère du petit Ondrej, une étudiante de 30 ans, a été incarcérée, tout comme sa soeur, qui était au courant des traitements cruels infligés pendant plusieurs mois au garçon. L'enquête a révélé que les deux soeurs appartenaient à une secte qui préconise la soumission totale par le biais d'épreuves physiques et dont le père de Barbora Skrlova serait le chef.
Selon la presse, le groupe de Kurim serait une branche dissidente du "Mouvement du Graal". Présent dans une vingtaine de pays, ce mouvement, qui compte actuellement plus de 9.000 adeptes, a été fondé en 1924 à partir des thèses ésotériques d'un Allemand nommé Oskar Ernst Bernhart, alias "Abd Ru Shin". (AFP)

